Caterina Sagredo Barbarigo

Caterina Sagredo Barbarigo

Je n’ai pu résister à faire partager le charme qu’a toujours exercé sur moi Caterina Sagredo Barbarigo (1715-1772), la séduction incarnée dans un esprit libre et quelque peu provocateur. Le portrait qu’a fait d’elle Rosalba Carriera nous la montre parée des joyaux qui la firent surnommer « la Barbarigo aux perles ». Issue d’une très noble famille, mariée à seize ans à un barbon, puis veuve et remariée avec un nobiluomo compréhensif, Gregorio Barbarigo, Caterina, qui se disait sans hypocrisie « constante mais non fidèle », ouvrit son ridotto (salon de réunion privé) où elle recevait ses amis en dehors du palais conjugal, faisait du cheval à la Giudecca, voyageait, organisait de folles soirées, au point de s’attirer les foudres des inquisiteurs. Venise n’aimait pas que les femmes de la noblesse sortent de leur rôle d’épouse et de mère. J’aime cette femme séduisante, intelligente, brillante, moderne et sincère, et j’espère lui avoir rendu justice à travers mes livres.